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Les algues pendant la grossesse

3 novembre

LES ALGUES PENDANT LA GROSSESSE : QUELS BIENFAITS ET QUELLES PRÉCAUTIONS ?

Pendant la grossesse, l’alimentation est un sujet de vigilance accrue. Fromages au lait cru, poissons, charcuteries, café… La liste des aliments à éviter pendant la grossesse s’allonge, souvent par principe de précaution. Pourtant, un message essentiel est parfois éclipsé : quels nutriments privilégier pour couvrir les besoins spécifiques de la grossesse, tout en évitant les carences ?

L’iode fait précisément partie de ces nutriments essentiels au développement du bébé, aux côtés des oméga-3 et des vitamines. Et c’est là que manger des algues pendant la grossesse soulève de nombreuses interrogations. Souvent qualifiées de « superaliments » pour leur richesse en micronutriments, les algues alimentaires sont de plus en plus présentes dans notre quotidien, sous forme de tartares, paillettes ou condiments. Alors, peut-on manger des algues quand on est enceinte ? Oui, à condition de bien les choisir et d’en maîtriser les quantités : leur forte teneur en iode impose quelques précautions, comme le rappelle l’ANSES. Quelles algues privilégier ? Comment en bénéficier sans risque pour le bébé et éviter les excès ?

Découvrez nos conseils pour consommer les algues en toute sécurité pendant votre grossesse.

Message d’avertissement
Cet article offre une vue d’ensemble sur les algues et l’interaction pendant la grossesse et ne constitue en aucun cas une recommandation nutritionnelle ou médicale. Les algues sont des végétaux remarquables, riches en composés nutritionnels intéressants.
Les algues ne remplacent pas une alimentation équilibrée et variée. Pour des conseils personnalisés, consultez votre médecin ou un nutritionniste.

Les besoins en nutriments d’une femme enceinte

La grossesse est un état physiologique à part entière, au cours duquel les besoins nutritionnels évoluent pour soutenir à la fois l’organisme maternel et le développement du fœtus. Contrairement à certaines idées reçues, ces besoins augmentent relativement peu en énergie (kcal), mais évoluent nettement en quantité de micronutriments. Il ne s’agit donc pas tant de manger « plus » mais plutôt de manger « mieux ».
Les repères nutritionnels établis par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (ANSES), soulignent ainsi une augmentation des besoins pour plusieurs vitamines et minéraux clés : folates (ou vitamine B9), fer, iode... Ces nutriments jouent un rôle central dans le développement de fonctions essentielles comme la formation du système nerveux, la croissance cellulaire, le transport de l’oxygène ou la régulation hormonale.
Vous voulez en savoir + sur les micronutriments, NOTRE ARTICLE

L’iode, un acteur clé de la grossesse

Fortes de leur richesse micro-nutritionnelle, les algues peuvent à première vue apparaître comme des alliées intéressantes pour la femme enceinte. Mais parmi les nutriments qu’elles concentrent, l’iode mérite une attention toute particulière. Indispensable à la synthèse des hormones thyroïdiennes, il joue un rôle central dès le début de la grossesse. Comme le rappelle l’ANSES, « le rôle de l’iode dans le développement cérébral du fœtus au cours des premiers mois de la grossesse est crucial  » (ANSES, 2017). Ces hormones interviennent notamment dans la maturation du système nerveux et le développement cognitif de l’enfant à naître.
Dans ce contexte, des apports insuffisants en iode peuvent être délétères, en particulier en début de grossesse. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles les autorités sanitaires insistent sur l’importance d’une couverture adéquate des besoins en iode chez les femmes en âge de procréer.
Pour en savoir plus, retrouvez notre article dédié à L’IODE

L’excès d’iode chez la femme enceinte

Mais à l’inverse, un apport excessif en iode n’est pas sans conséquence. Chez des femmes non carencées, des apports trop élevés peuvent perturber le fonctionnement de la thyroïde, entraînant des dysfonctionnements hormonaux aussi bien chez la mère que chez le fœtus. Des études ont ainsi montré qu’un excès d’iode pendant la grossesse pouvait être associé à des troubles thyroïdiens néonataux ou à des adaptations thyroïdiennes inappropriées (Connelly et al., 2012).

C’est précisément sur ce point que la consommation d’algues appelle à la prudence. Les algues figurent parmi les aliments naturellement les plus riches en iode, avec des teneurs extrêmement variables selon les espèces, la zone de récolte et les modes de transformation. L’ANSES souligne ainsi qu’en raison de cette variabilité, la consommation régulière d’algues ou de produits à base d’algues, en particulier sous forme séchée ou de compléments alimentaires, peut conduire à un dépassement des limites supérieures de sécurité d’apport en iode, notamment chez les femmes enceintes et allaitantes.

Ainsi, pendant la grossesse, l’enjeu n’est pas d’éviter l’iode, mais d’en assurer un apport ajusté, ni insuffisant ni excessif. Une approche qui suppose de considérer l’ensemble des sources alimentaires d’iode, et de consommer les aliments très concentrés — comme certaines algues — avec discernement et parcimonie.
Notre équipe a travaillée sur ces tableaux indicatifs qui vous indique des équivalences de taux d’iode sur les algues fraîches (colonne de droite) et nos tartares d’algues.

Nos conseils pour une consommation éclairée pendant la grossesse

Lorsque la consommation d’algues est envisagée pendant la grossesse, quelques repères simples permettent de limiter les risques. L’ANSES recommande en priorité de se tourner vers des algues fraîches salées ou ayant subi un traitement thermique, plutôt que des algues crues fraiches récoltées ou séchées consommées telles quelles. Ces procédés contribuent à réduire la charge microbienne et diminuent partiellement la teneur en iode. Il est par ailleurs conseillé de privilégier des produits clairement étiquetés, indiquant l’espèce d’algue et son origine.
Éviter les algues connues pour leur richesse extrême en iode, comme certaines algues brunes Kombu (Saccharrina latissima) ou le Wakamé (Undaria pinnatifida), constitue une mesure de prudence supplémentaire. On pourra privilégier les algues suivantes :
• Nori (Porphyra) : notre tartare d’algue à la japonaise à base de Nori. C’est l’une des algues les moins concentrées en iode.
• Dulse (Palmaria palmata) : algue rouge, au goût doux, nettement moins iodée que les algues brunes. (présente dans nos tartares)
• Laitue de mer (Ulva sp) : algue verte, moins riche en iode (présente dans nos tartares)

Les algues issues de filières bio, comme la filière d’algues bretonnes labellisée BIO, garantissent une sécurité sanitaire renforcée. Leur cueillette et culture sont encadrées par des normes strictes de contrôle et de traçabilité, assurant une algue saine, exempte de contaminants indésirables et adaptée à une consommation responsable.

Pendant la grossesse, une attention particulière est donc recommandée : privilégier une provenance clairement identifiée et issue de zones de récolte BIO surveillées permet de limiter ces risques. Enfin, vos repas doivent prendre en compte l’ensemble des sources d’iode de l’alimentation (sel iodé, produits de la mer, compléments alimentaires…). L’objectif est d’intégrer de façon raisonnée les algues, en tenant compte de leur forte densité nutritionnelle et du contexte physiologique particulier de la grossesse.

Consommation d’algues enceinte, les bons réflexes :

• Privilégier des algues transformées (tartares d’algues, cuites, salées/saumurées, intégrées dans des préparations pasteurisées).
• Éviter une consommation régulière ou quotidienne.
• Sélectionner des algues BIO de France, ou même de Bretagne, c’est encore mieux !
• Rester attentive au cumul des sources d’iode dans l’alimentation

ZOOM sur nos tartares d’algues

Nos tartares d’algues, bien que crus et frais, bénéficient d’un processus de fabrication unique qui garantit une sécurité sanitaire forte. Résultat : une conservation exceptionnelle de 4 mois au réfrigérateur (à fabrication), une durée inégalée pour un produit frais.
Le secret ? Les algues utilisées dans nos recettes sont soigneusement salées, affinées en chambre froide, puis dessalées à l’eau de mer. Ce procédé permet d’éliminer une grande partie de l’iode, tout en préservant les qualités nutritionnelles et gustatives des algues.

Si vous êtes enceinte et que vous avez des interrogations concernant votre alimentation, il est essentiel d’en discuter avec un professionnel de santé spécialisé en nutrition, comme un diététicien ou un médecin nutritionniste. Ce temps d’échange permet de faire le point sur vos habitudes alimentaires, d’évaluer notamment vos apports en iode, et de déterminer, selon votre situation, la place que les algues peuvent occuper dans votre alimentation. Chaque grossesse étant unique, un accompagnement individualisé reste la meilleure manière de concilier sécurité nutritionnelle et plaisir alimentaire.

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Article rédigé par Laure Rouchès, diététicienne en collaboration avec l’équipe communication de Bord à bord.
https://www.instagram.com/laure.picklesnutrition/

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